Aigle royal

Aigle royal



Nom scientifique : Aquila chrysætos
Famille : accipitridés
Taille : 80 à 93 cm
Envergure : 190 à 225 cm
Poids : mâle, 2850-4500 grammes ; femelle, 3850-6700 grammes
Âge maximum : 25 ans
Taux de survie : ? %

 

Aspect

L'aigle royal est l'aigle le plus commun. Même s'il n'est pas le plus grand de nos rapaces, sa silhouette massive se profilant dans les paysages de montagne, est la plus imposante de toutes. La femelle est plus grande que le mâle. Les adultes des deux sexes se ressemblent. Ils sont uniformément brun sombre sauf la nuque qui est brun jaunâtre ou brun-roux clair. Avec l'âge, la tête et le cou prennent une coloration brun doré. L'Aigle royal a un épais bourrelet au-dessus des yeux et un puissant bec à l'extrémité noire. Les pattes et la cire du bec sont jaunes. Sa longue queue arrondie est typique, car elle est à peu près aussi longue que la largeur des ailes. Ses grandes et larges ailes aux extrémités fortement digitées, donne à ce rapace sa silhouette caractéristique car en se rétrécissant un peu près du corps et de la partie proximale de la main, elles confèrent un profil en "S" à leur bord postérieur, notamment chez le jeune. Les rémiges et les rectrices de l'adulte sont grises avec 3 à 5 larges barres sombres et une large barre terminale noirâtre. Les couvertures sus-alaires moyennes et grandes couvertures internes décolorées et usées, forment une zone pâle irrégulière qui est plus ou moins apparente. L'Aigle royal a une tache pectorale et des couvertures sous-alaires moyennes souvent roussâtre plus pâle.

Photographie Roland Clerc - www.faune-valais.ch

Les juvéniles ont de grandes taches alaires blanches, et une queue de même couleur terminée par une large bande noire. Ces taches blanches disparaissent progressivement. D'année en année, ils deviennent de plus en plus sombres et sont complètement bruns quand ils atteignent leur cinquième année.

Comportement

Généralement, on observe l'aigle royal quand il plane, haut dans le ciel, les ailes légèrement relevées en V, leur extrémité légèrement dressée vers le haut et vers l'avant. Son vol est puissant ; il alterne souvent 6 ou 7 battements lents et assez amples, suivis de planés de 1 à 2 secondes. L'aigle royal s'observe isolément ou par couples. Sa parade nuptiale est faite de chandelles, de piqués et de chutes vertigineuses, les oiseaux se tenant par les serres, puis reprenant leurs chandelles. Pour chasser, il fait des cercles en altitude, guettant ses proies, ou bien explore à basse altitude les versants de montagnes à faible hauteur pour les surprendre. Il peut aussi guetter longuement d'un affût dominant. Les couples restent toute l'année sur leur territoire de taille variable en fonction de la topographie et de la richesse des proies.

Photographie Guy Bourderionnet - album.oiseau-libre.net

Autrefois on l'a souvent accusé de s'attaquer à l'homme et au bétail. La première accusation a toujours été infondée. Il n'est pas capable d'ailleurs de se saisir de proie dont le poids excède 4 à 5 kg. Quant au bétail, sa prédation se trouve limitée aux jeunes agneaux, proies faciles mais très occasionnelles. Les dégâts ne sont d'ailleurs pas considérables et se produisent généralement aux dépens de bêtes malades ; il peut même à l'occasion se contenter de charognes et doit aussi subir de longs jeûnes en hiver.

Habitat

En Europe occidentale, l'Aigle royal fréquente surtout les régions montagneuses et les grandes forêts d'altitude, mais parfois aussi en hiver les forêts et les champs en plaine. De nos jours en France, la quasi-totalité des couples se reproduit dans les falaises d'attitude. À l'origine, il fréquentait ses milieux plus largement ouverts avec de grands arbres. Dans d'autres régions, on le rencontre encore dans les steppes, la toundra et la taïga, les falaises littorales, les hauts plateaux.

Aire de répartition

En France, il est présent dans les régions accidentées dans les Alpes, le Massif central et sa bordure méridionale, les Pyrénées, et la Corse. Ailleurs il est plus ou moins disparate de l'Europe occidentale au Pacifique. Il niche en Écosse, en Espagne, dans les Alpes, en Italie, Grèce, Roumanie, République fédérale de Yougoslavie et traverse la Sibérie vers l'Asie et le Japon.


Légende de la carte

Reproduction

Période de nidification : de mars à mai.
Nombre de couvaisons : une ponte par an.
Nombre d'œufs : 2 œufs blanchâtres, généralement tachés de brun.
Incubation : 43 à 45 jours, femelle (mâle).

Nid : il se trouve dans une falaise escarpée ou sur un arbre. Cette aire volumineuse, construite par le mâle et la femelle, est habituellement utilisée pendant de nombreuses années et est rechargée avec de nouveaux matériaux en novembre-décembre. Il peut devenir très gros s'il est utilisé longtemps. Le nid est constitué de branches, garnies d'herbes et de laine.

Jeunes : nidicoles. L'aiglon le plus faible, second-né en général, meurt le plus souvent. Les deux parents s'occupent du nourrissage du jeune restant.
Envol : 65 à 70 jours, Mâle, Femelle.
Emancipation :
Plumage juvénile : trois ans et plus.
Première nidification : trois à cinq ans.

Aiglon                           Photographie Roland Clerc - www.faune-valais.ch

Migration

Sédentaire dans le sud, plus migrateur au nord, notamment les jeunes. Les individus du nord de la Russie se déplacent vers le sud et l'ouest.

Voix

Voix : généralement silencieux. Jappements plus ou moins aigus, miaulements.

Nourriture naturelle

Chasseur habile, il capture en piqué ses proies vivantes, mais à l'occasion, il est volontiers aussi charognard. Son régime alimentaire est extrêmement varié. Il se nourrit d'oiseaux (lagopèdes, grand tétras, limicoles) et de mammifères pouvant atteindre la taille d'un jeune chamois ou d'un faon de cerf (marmottes, lièvres, lapins, hérissons, écureuil). Il capture également des lézards et tortues. Dans les alpes, les marmottes le connaissent bien et à son approche, donnent l'alarme avec un sifflement énergique.

Etat des populations

Jadis il vivait dans toutes sortes d'habitats en plaine, des déserts jusqu'à la toundra. Aujourd'hui, il subsiste seulement en montagne sauf localement. Les causes de sa régression ont été sa persécution par l'homme, mais également la raréfaction de ses proies. En effet les grands rapaces comme l'Aigle royal ont tendance à disparaître parce qu'ils doivent trop étendre leur aire géographique en raison de la diminution des proies. De plus l'absorption de pesticides dans les années 1960 a fragilisé les œufs dont la coquille était anormalement rétrécie. Ils se craquelaient dans les nids et étaient mangés par leurs parents.

Après une forte diminution de ses effectifs durant les trois quarts du XXe siècle, l'espèce connaît depuis le milieu des années 1980 une lente progression. Il y aurait actuellement entre 270 et 300 couples nicheurs en France, essentiellement dans les Alpes, et un certain nombre d'oiseaux non cantonnés.

Désormais confiné aux montagnes inaccessibles, l'Aigle royal est encore tiré ou empoisonné par des certains chasseurs, et ses nids sont visités par les collectionneurs d'œufs, qui ignorent les lois protégeant l'espèce.

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