Les premiers soins


Manipuler un oiseau blessé

Manipulation d'un Geai des chêne lors d'un baguage                              Photographie Jacques Nicolin


Pour prendre un petit oiseau sans risquer de le blesser, attrapez-le en serrant doucement vos deux paumes l'une contre l'autre, puis placez sa tête entre deux doigts.

Pour attraper un oiseau de grande taille, utilisez une couverture, une serviette, une veste, un tissu afin de l'immobiliser sans risque pour l'oiseau et le sauveteur, en l'empêchant de battre des ailes et méfiez-vous des coups de bec en direction de votre visage. En maintenant l'oiseau avec fermeté, vous éviterez qu'il vous blesse.

Chez les rapaces, ce sont les serres qui sont dangereuses, le bec un peu moins. Pour manipuler les rapaces, munissez-vous en plus de gants de cuir, car il est difficile de faire lâcher prise à un rapace qui a enfoncé son bec ou ses serres dans la main. Attention aux faucons qui sont en général hargneux contrairement aux éperviers ou aux buses. Un rapace blessé est souvent les pattes en l'air, lancez-lui un baton ou un mouchoir afin qu'il s'en saisisse avec ses serres, ce qui vous permettra de prendre moins de risque en le saisissant.

A contrario, chez les hérons ou les cigognes, c'est le bec dont il faut se méfier à tout prix !

Soyez très calme et silencieux en présence de l'animal.

Acheminez l'oiseau vers un centre de soins, ou trouvez une personne qui pourra le faire.

 

 

Gestes de première urgence

Lorsque vous avez récupéré un oiseau blessé (chat, vitre, etc..), l'oiseau est en état de choc. Il est donc indispensable, de traiter cette urgence de la manière suivante :

• Ne donner à l'oiseau ni à boire, ni à manger. Chez les oiseaux, la trachée débouche à la base de la langue. Les forcer à boire peut conduire à les noyer.

• Mettre l'oiseau dans un carton, percé de quelques trous afin qu'il puisse respirer et le laisser dans une pièce tempérée à l'abri des courants d'air pendant quelques heures, le temps qu'il surmonte cet état de choc. Un oiseau blessé ne doit pas lutter contre le froid au risque de périr d'hypothermie (baisse de température).

• Acheminez l'oiseau vers un centre de soins, ou trouvez une personne qui pourra le faire.

• Un oiseau sauvage n'est pas un jouet de cirque ! Ayez donc le minimum de contacts avec votre protégé du moment.

Voir les conseils des Centres de sauvegarde.
Voir les conseils de la LPO : http://www.lpo.fr/detresse/index.shtml

 

Nourrir un oiseau

  Photographie Patricia Huguenin                                                    Clic Nature


Avertissement : Avant de se décider à nourrir un oiseau, il n'est pas inutile de rappeler ces quelques points :

• Un oisillon sur le sol, n'est pas forcément un oiseau abandonné. Les parents peuvent tout à fait le nourrir au sol. Alors pas de précipitation dans le sauvetage.

• La loi interdit de détention d'un oiseau sauvage.

• Contactez d'abord le centre de soin pour oiseau de votre région. Si le centre ne peut pas prendre en charge ce petit oiseau, alors seulement après, essayez ces quelques conseils.

Nourrir un oisillon orphelin ou blessé, n'est pas une tache facile et cela demande du temps. Il faut beaucoup de patience car un petit oiseau doit être nourri toutes les deux heures et plus fréquemment s'il est très jeune. Dans cette situation, il ne mangera pas de lui-même et il vous faudra mettre la nourriture dans son gosier. Ne bourrez pas la nourriture dans son gosier, mais déposez-la sur son bec par petites quantités, notamment sur les bourrelets des commissures, ce qui devrait inciter l'oisillon à ouvrir les mandibules. Cette précaution empêche le blocage de la trachée, donc l'étouffement. Lorsqu'ils sont un peu plus âgés, nourrir des oisillons devient encore plus difficile, car ils se sont habitués à leurs parents et n'ouvrent pas le bec facilement. Écartez doucement leurs mandibules et, avec un peu de chance et de temps, ils apprendront à demander la becquée en voyant la nourriture. Vous pouvez vous servir de pinces à épiler pour placer les aliments dans le gosier mais en vous assurant que ceux-ci soient assez secs. Une seringue propre, dont on aura coupé l'embout pour augmenter son diamètre peut faire également l'affaire. Quand l'oiseau cesse d'ouvrir le bec, il ne faut pas lui en proposer plus, car cela signifie qu'il est rassasié. N'oubliez de l'hydrater avec de l'eau en utilisant une pipette ou une petite seringue.

Les oisillons ont besoin d'une alimentation riche en protéines et en éléments énergétiques. Il y a peu de règles fixes à observer. Cependant il ne faut pas donner d'aliments salés. En fonction l'espèce, donnez d'abord des aliments tout prêts en vente dans les boutiques spécialisées et destinés soit aux granivores, soit aux insectivores. Ainsi on peut trouver dans le commerce des pâtées composées de céréales, de graisses, de viandes et de sous-produits animaux, de fruits et de baies, de sucres et de levures, de vitamines A, D3, E, de Calcium et de phosphore. Ces produits sont disponibles dans certaines animaleries ou grandes surfaces de jardinage.

Les très jeunes oiseaux, peuvent être alimentés avec des très petits morceaux de viande hachée de bœuf ou de poulet crue et mixée, mélangée avec des céréales pour bébé (humidifiées). À cette préparation, ajoutez un cocktail de vitamines et de sels minéraux. Modifiez progressivement le régime avec l'âge : pâtés pour chat, petits bouts de viande. Si vous en avez la possibilité, variez encore les repas en ajoutant quelques chenilles vertes (glabres) ou des pucerons pris sur des végétaux non traités. Le pain, le lait et les œufs brouillés sont déconseillés, car ils causent des troubles digestifs. Ne donnez pas des vers de terre, car ils peuvent être indigestes. Après le repas, enlevez les fientes incluses dans une enveloppe gélatineuse comme l'auraient fait les parents. Si elles ont une consistance assez ferme, cela veut dire que le régime alimentaire de votre pensionnaire est correct ; si elles sont jaunâtres et liquides ou brunes et malodorantes, la nourriture n'est pas adaptée et il faudra alors en changer. Après un certain temps, le jeune oiseau se mettra à manger seul. Placez alors la nourriture dans un récipient suffisamment stable.

Pour les granivores, ne jamais donner de pain trempé dans du lait, mais de l'œuf dur en miettes. Pour les insectivores, une pâtée spéciale ou "régime mixte" (granivore/insectivore) est disponible dans les grandes surfaces. Enfin, si l'oiseau refuse systématiquement de manger, ne jamais le forcer. Et enfin, dépêchez-vous d'acheminer l'oiseau à votre centre de soins, ou trouvez une personne qui pourra le faire (la gendarmerie, le garde-chasse de l'Office National de la Chasse, un bénévole d'une association de protection de la nature ... )

 

 

Les vétérinaires et les animaux sauvages blessés




Même si tous les vétérinaires n'ont pas tous les mêmes compétences en ce qui concerne les soins aux animaux sauvages blessés. Ils sont tenus de vous indiquer la conduite à tenir avec la faune sauvage.

Informations générales (*)

1 - L’animal sauvage en liberté n’est la propriété de personne (res nullius). Il n’a aucune valeur affective ou économique, mais il a une valeur patrimoniale. Les soins aux animaux sauvages sont gratuits.

2 - Le vétérinaire a le droit, voire le devoir d’intervenir.

3 - Les soins seront donnés uniquement dans le but de relâcher l’animal.

4 - Les nuisibles pouvant êtres détruits par le propriétaire du terrain sur lequel ils se trouvent, il n’est pas conseillé de leur prodiguer des soins, excepté l’euthanasie d’un animal en détresse.8 - Pour les Chauves Souris, contacter impérativement la Direction Départementale des Services Vétérinaires

Les textes de loi (*)

• Arrêté du 11 septembre 1992 relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage: Les établissements conformes au présent arrêté sont seuls habilités à héberger, soigner et entretenir des animaux de la faune sauvage……Tout animal doit y être traité en vue de sa réinsertion dans le milieu naturel…….l’établissement s’attache la collaboration d’un vétérinaire investi d’un mandat sanitaire….. S’il y a lieu de pratiquer une euthanasie, la décision est prise par le vétérinaire.

• Le transport des animaux sauvages n’est pas autorisé par des particuliers, toutefois dans l’instruction PN/S2 n°933 du 14 mai 1993 on peut lire : en cas d’urgence et en l’absence de meilleure solution, le transport sans formalité est admis s’il est effectué dans les plus brefs délais et par l’itinéraire le plus direct… Une tolérance équivalente est inscrite dans la CITES en particulier pour les soins..

• La loi (Art R. 242- 48 –IV du code rural) oblige les vétérinaires à répondre, dans les limites de leurs possibilités, à tout appel qui leur est adressé pour apporter des soins d’urgence à un animal (d'autant plus lorsque celui-ci est une espèce protégée). S’il ne peut répondre à votre demande, le vétérinaire doit indiquer le nom d’un confrère susceptible d’y répondre. Par ailleurs, au regard de la loi, les animaux appartenant à la faune sauvage autochtone ont une valeur patrimoniale et n’appartiennent à personne. Les soins qui leur sont prodigués sont donc gratuits.

• Si vous devez transporter un animal sauvage, chez un vétérinaire ou dans un centre de sauvegarde, sachez que le fait de prévenir le responsable du centre de sauvegarde, le vétérinaire, la direction départementale de l’agriculture et de la forêt (DDAF) ou le service départemental de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) vous exonère de tout soupçon de braconnage en cas de contrôle de gendarmerie. D'autre part, dans le cas des chauves-souris, la direction départementale des services vétérinaires (DDSV) doit être prévenue...

Numéros de téléphones à connaître (*)

• Centre de soins le plus proche : site http://www.uncs.org
• Préfecture
• DDSV ( Direction des Services Vétérinaires)
• DDAF (Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt)
• ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage): service départemental de garderie
• DIREN ( Direction Régionale de l’Environnement)
• Mairie ( service d’astreinte ou élu de garde)
• Fourrière
• Vétérinaires du Muséum national d ’Histoire naturelle (zoo de Vincennes : 01.44.75.20.33, Ménagerie du Jardin des Plantes :01.40.79.43.25)
• Oiseau bagué : envoyer la bague (oiseau mort) ou le numéro et les informations sur l’oiseau au Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux CRBPO, 55 rue Buffon 75005 PARIS, gestionnaire des bagues

 

 

Transporter un oiseau blessé

Photographie Thierry Favre - CSFS Mieussy


Il est important de savoir, que la loi interdit la possession d'un animal sauvage, aussi vous ne devez pas garder chez vous un animal blessé.

• En attendant de le porter l'oiseau dans un centre de soins, mettez-le dans une boîte en carton, car la plupart des oiseaux se calment dans l'obscurité. Faites quelques trous dans la boîte afin que l'oiseau puisse respirer. Le carton doit être aéré, mais sans grandes ouvertures. Ouvertures par lesquelles on ne regarde pas ! Recouvrez la boîte d'une étoffe et gardez-le dans une pièce à une température de 20°C au maximum. Il faut toujours prévoir quelque chose au fond du carton pour que les oiseaux s'agrippent afin d'éviter la fatigue : tissus épais, papier journal, Sopalin.

• Ne jamais utiliser de cage en grillage ou à barreaux, elle peut provoquer des blessures. Par contre, vous pouvez aussi utiliser une cage plastique comme celles utilisées pour le transport des chiens ou chats. Couvrez la cage plastique avec une étoffe, pour que les oiseaux se calment dans l'obscurité.

• Les oiseaux à grandes pattes comme les hérons seront transportés couchés afin d'éviter le stress.

• Acheminez l'oiseau vers un centre de soins, ou trouvez une personne qui pourra le faire.

• Si vous devez transporter un animal sauvage, chez un vétérinaire ou dans un centre de sauvegarde, sachez que le fait de prévenir le responsable du centre de sauvegarde, le vétérinaire, la direction départementale de l’agriculture et de la forêt (DDAF) ou le service départemental de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) vous exonère de tout soupçon de braconnage en cas de contrôle de gendarmerie. D'autre part, dans le cas des chauves-souris, la direction départementale des services vétérinaires (DDSV) doit être prévenue...

 

 

Rendre la liberté

Les oiseaux soignés dans les centres de sauvegardes sont relâchés dans la zone où ils ont été recueillis après les soins si cette réintroduction dans leur milieu d'origine ne compromet pas leur survie.

Si vous avez nourri un oisillon, il doit être relâché dès qu'il paraît capable de se débrouiller seul. Pour certaines espèces d'oiseaux, comme les jeunes mésanges, fringilles et grives, qui ne volent pas bien quand ils quittent leur nid pour la première fois, il faut leur laisser le temps d'essayer leurs ailes dans la maison avant de leur rendre la liberté. Pour cela, attendez aussi qu'ils ne réclament plus leur nourriture. Et ne relâchez un oiseau blessé que s'il est complètement guéri et vole correctement.

Les hirondelles de fenêtre, de cheminée et les martinets doivent être pris dans la main et lancés dans l'espace. Le lâcher des oiseaux doit se faire le matin et par beau temps, de sorte que les oiseaux aient le temps de trouver un abri avant la nuit.

Pendant quelque temps, disposez un peu de nourriture à l'endroit du lâcher, car certains oiseaux reviendront pour manger avant leur émancipation complète.

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